Le système de retraite au Maroc : comment en profiter ?


Le système de retraite actuel au Maroc a pris forme depuis les années de l’indépendance avec la création d’un système moderne obligatoire et universel d’assurance sociale. Aujourd’hui, le régime de retraite se fait par la coexistence des régimes adaptés aux secteurs publics et para public tel que la CMR et la RCAR et les régimes qui sont totalement dédiés au secteur privé, à savoir la CNSS et la CIMR. Toutefois, certains autres régimes existent sur le territoire et couvre particulièrement certains établissements publics.

Comment se passe cette coexistence et comment ouvrir ses droits à la retraite en tant que Marocains ?

Diversité institutionnelle permettant de nombreuses prestations

Le système de retraite au Maroc ne compte pas moins de 7 régimes, ce qui favorise la diversité des prestations proposées aux Marocains. L’avantage de cette diversité est le fait que chacun de ces régimes se base sur des règles différentes pour le financement aussi bien que pour le calcul des prestations de retraite. Les marocains peuvent donc se soumettre à des exigences qui sont plutôt avantageuses quand vient le moment de la retraite. Parmi les 7 régimes exerçant dans le secteur de la retraite, on a 2 régimes internes et 5 régimes à caractère général.

Nous rappelons aussi que le système de retraite au Maroc est composé de régimes de base obligatoires ainsi que de régimes complémentaires accessibles à tous les salariés. D’autres petits régimes existent pour les membres de la Chambre des Représentants, la Chambre des Conseillers ainsi que des régimes pour Bank Al Maghrib.

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En bref, on retrouve des régimes à caractère général (CMR pour les fonctionnaires et les militaires, la RCAR, la CNSS, et la CIMR), des régimes qui s’occupent du personnel d’établissements publics, le régime des parlementaires et des non-salariés (Chambre de commerce, ordre des avocats, etc, gérés par la CNAR), des régimes complémentaires ainsi que des produits proposés par les assurances.

Comment bénéficier de ses droits de pensionnaires une fois à la retraite ?

Selon la loi marocaine, tout salarié du secteur privé ou du secteur public a le droit de partir en retraite à partir de l’âge de 60 ans. Une fois le 60 ème anniversaire passé, le salarié a le devoir de déposer auprès des organismes sociaux, notamment de la CNSS ou de tout autre organisme, les documents de demande de pension dans les délais qui lui sont impartis. En général, le nouveau retraité a un délai de 6 mois pour prévaloir à ses droits de pensionnaires. Passé ce délai, il peut recevoir un paiement de pension sans les mois qui ont précédé le dépôt de son dossier.

Le montant total de la pension du retraité est calculé sur base d’un taux et ne dépasse généralement pas les 50% du salaire préalablement perçu. Tous les retraités qui sont gérés par la CNSS doivent de leur côté s’attendre à une pension minimum de 1000 dhs et dont le plafond ne dépasse généralement pas 6000 dhs. Voici pourquoi il est important de recourir à une retraite complémentaire pour couvrir les charges afin de pouvoir vivre une vie décente une fois à la retraite.

En effet, pour prétendre à une pension de retraité auprès de la CNSS, il faut avoir cotisé environ 3240 jours. Une fois le dossier de demande de pension déposé et validé, le montant de la pension est de 50% du salaire mensuel qui aura été soumis à cotisation avec une pension de retraite minimum et une pension de retraite maximum.

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Comment profiter d’une retraite complémentaire au Maroc ?

L’organisme le plus reconnu qui propose un système de retraite complémentaire et la Caisse Interprofessionnelle des Marocains retraités. Pour profiter d’une couverture complémentaire, il faut avoir cotisé un montant supplémentaire afin d’accumuler des points. Ce sont ces points qui seront par la suite convertis en montant à verser au retraité. La souscription à une retraite complémentaire permet au retraité de bénéficier non seulement d’une pension supplémentaire, mais aussi d’une pension décès qui sera remise à ses ayants droit. Il pourra aussi bénéficier d’une pension en cas d’invalidité.

D’autres assureurs et d’autres services tels que le service ATTAKMILI proposé par la CMR permettent aussi de profiter d’une retraite complémentaire. Toujours est-il que pour toutes les retraites complémentaires, le retraité doit en amont avoir cotisé pour pouvoir en bénéficier.

Est-ce possible de profiter d’une retraite anticipée ?

Les organismes sociaux permettent aux salariés de partir en retraite anticipée et d’ouvrir leurs droits à la retraite. Mais, l’employeur du salarié désireux partir à la retraite doit donner son accord à ce dernier et doit être à verser à la sécurité sociale le reste des cotisations pour les années restantes avant que le salarié n’atteigne ses 60 ans.

Il faut rappeler que la CIMR permet de partir en retraite à l’âge de 50 ans avec réductions de droits de pensions. En souscrivant à l’option Moussabak, les retraités peuvent partir à la retraite dès l’âge de 55 ans sans réduction des droits. La CIMR permet aussi de proroger son départ à la retraite tout en proposant une majoration sur la pension du retraité.

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Le retraité marocain a-t-il droit à l’Assurance Maladie Obligatoire ?

Lorsqu’on souscrit à une retraite, il est important de s’assurer que le type de contrat auquel on se soumet permet de bénéficier des services de l’AMO, que ce soit en retraite anticipée ou à l’âge légal de la retraite. Mais, dans la plupart des cas, il est possible pour les retraités de bénéficier des services de l’AMO auprès des organismes sociaux, notamment de la CNSS.

Quelle fiscalité est prévue pour les retraités au Maroc ?

Les pensions de retraite ne sont pas totalement défiscalisées au Maroc car cela pourrait avoir un impact financier important sur l’économie. Toutefois, depuis 2020, le taux d’abattement a été relevé sur les pensions de retraite annuelles qui sont inférieures à 168 000 dhs. On note alors un relèvement à 60% au lieu de 55% au préalable. Ainsi, les retraités marocains qui ont une pension importante pourront bénéficier d’un gain mensuel élevé.

Bon à savoir

Les retraités marocains qui sont concernés par la loi fiscale marocaine doivent justifier d’un domicile fiscal sur le territoire et y vivre plus de 6 mois durant l’année.

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