SARL au Maroc : ce qu’il faut savoir


La SARL ou la Société à Responsabilité Limitée est une forme juridique le plus souvent utilisée par les porteurs de projets qui veulent professionnaliser leurs activités. Cette forme juridique est prisée pour ses nombreux avantages, sa flexibilité au niveau de la gestion ainsi que ses formalités qui sont plus ou moins accessibles à tous les entrepreneurs. Cet article regroupe toutes les informations utiles pour la création et la gestion d’une SARL, ainsi que les bénéfices que peuvent en tirer les professionnels.

Caractéristiques principales de la SARL

Pour créer la SARL, un entrepreneur peut être considéré comme associé unique ou s’associer à plusieurs personnes dans la limite de 50 personnes. Au Maroc, les associés peuvent à la fois être des personnes morales ou des personnes physiques. Et, pour qu’une personne fasse partie du capital d’une SARL, elle n’est pas obligée d’être résidente sur le territoire marocain et peut donc être basée dans un pays étranger. Contrairement aux autres formes juridiques, les associés qui constituent ce type de société peuvent ne pas avoir la qualité de commerçant et ne sont pas redevables à toutes les dettes de la société. Au contraire, ils ne sont redevables qu’à hauteur de l’apport en nature ou en espèce qu’ils auront émise.

Une autre caractéristique de la SARL est qu’il n’y a pas de capital minimum défini à l’avance lors de la création. Ainsi, les associés ou l’associé unique peuvent décider de commencer avec un capital de 100dhs. Dans le cas où le capital dépasse la somme de 100 000 dhs et que la totalité ne peut pas être versée à la création, le montant qui sera libéré lors de la création ne devra pas être en-dessous du quart du capital fixé.

Lire aussi :   Durée légale du travail : que dit le code du travail marocain

Constitution du dossier pour la création d’une SARL

La constitution du dossier est simple et rapide avec 5 étapes bien précises à suivre :

Étape 1 : le nom de la société doit faire l’objet d’un certificat négatif, c’est-à-dire qu’il ne doit pas avoir été déjà pris par une autre entreprise sur le territoire. Cette demande de certificat se fait auprès de l’OMPIC (l’Office Marocain de la Propriété Industrielle et Commerciale).

Étape 2 : ensuite, il est question de rédiger des statuts qui sont un ensemble d’articles indiquant les règles auxquelles vont se soumettre tous les associés ainsi que l’organisation interne et le fonctionnement qui a été prévu. Les statuts viennent rappeler également la forme de la société ainsi que son siège social, sa dénomination et le montant de chaque apport ou encore l’identité des associés. C’est aussi lors de la rédaction des statuts qu’il faut définir le gérant ou les gérants de l’entreprise. Il est recommandé de se faire accompagner par des experts pour cette étape cruciale et sensible.

Étape 3 : une fois les statuts rédigés et validés par tous les associés, il faut effectuer le dépôt au niveau du registre du commerce et du greffe en vue d’avoir un numéro d’immatriculation qui permettra de faire des publicités de manière légale. Le numéro du registre du commerce permettra également de faire d’autres accessoires et documents utiles tels que les factures et les cachets de l’entreprise.

Étape 4 : vient le moment de faire connaitre la nouvelle société auprès de la CNSS et des autorités fiscales. Parlant de fiscalité, il est bon de savoir que la SARL est soumise la taxe sur les services communaux, à la taxe professionnelle, à l’IS ainsi qu’à la TVA. En ce qui concerne la TVA, elle est appliquée sur toutes les transactions industrielles et commerciales ou les services d’importations ou les professions libérales. Les prestations de service sont, elles aussi, soumises en fonction du montant du chiffre d’affaires annuel réalisé.

Lire aussi :   Succursale au Maroc : ce qu'il faut savoir

Étape 5 : enfin, l’entreprise recevra tous les feux verts pour ouvrir et démarrer légalement les activités avec droit de coter et de parapher tous les registres.

Avant la diffusion des annonces légales, ou du dépôt de l’ensemble des dossiers, il est nécessaire de faire le versement des fonds ou d’une partie des fonds dans le compte bancaire si le capital est supérieur à 100 000 dhs. Ainsi, vous pourrez recevoir une attestation de blocage qui sera utile pour la suite du processus de création.

Il faut préciser qu’une fois que le chiffre d’affaires atteint le montant de 50 000 000 dirhams, la société est soumise à un contrôle avec un commissaire aux comptes. Ce commissaire peut être indexé par les autorités financières et le contrôle devra se faire en fonction des textes légaux.

Fonctionnement de la SARL

Pour faire simple, la SARL est entièrement gérée par la personne qui aura été choisie comme gérante. Cette personne endosse donc les responsabilités en cas de litige, plus que les autres associés. Toutefois, les associés sont tous impliqués dans les prises de décision sans toutefois avoir le droit de véto en cas d’incompréhension. Le gérant seul a droit de véto, car lui seul endosse un peu plus de responsabilités que les autres.

En termes de rémunération, il est recommandé que la personne désignée comme gérante ait une part plus importante que les autres, une manière de lui accorder le droit de véto en cas de litige. Toutefois, de même que le gérant est nommé sur une période donnée ou de manière définitive, il peut être changé par les associés lors d’une assemblée ordinaire. Mais, si son remplacement n’est pas justifié par des motifs clairs, le gérant reçoit une indemnisation.

En ce qui concerne les associés, ils ont le droit de demander des comptes au gérant concernant sa gestion de la société durant son mandat, que ce soit au sujet des comptes annuels, des inventaires ou encore des procès-verbaux. Ils ont aussi droit de recevoir une partie des dividendes en fonction de l’apport au capital de chacun. Il faut aussi préciser que tous les associés ont aussi des droits politiques et peuvent donc participer aux différentes assemblées générales ou voter. Ils peuvent aussi demander la révocation de l’un des gérants en présentant des raisons valables.

Lire aussi :   Transfert de siège social d’une société au Maroc

Avantages de la SARL

Comme mentionné ci-dessus, la SARL est avantageuse pour les associés en ce sens qu’ils ne peuvent pas être poursuivis en cas de dette et ont le droit de répondre à hauteur de leur apport uniquement. Le gérant de son côté a l’avantage de recevoir un salaire et d’être couvert par la sécurité sociale. Plus encore, la SARL permet une facilité de cession de part et donne la possibilité de faire des partenariats.

Cas de cession de part dans une SARL

La cession des parts est assez simple dans une SARL quand il s’agit de céder les parts à un ascendant, un conjoint ou à d’autres associés de la société. La cession se passe librement avec accord écrit des deux parties à moins que les statuts de l’entreprise stimulent une autre procédure.

En cas de cession des parts à des tierces, il faut impérativement suivre une procédure d’agrément pour avoir l’accord des associés, à moins que les statuts prévoient une procédure contraire.

Une chose importante à vérifier lors de la cession des parts est de vérifier que l’associé qui cède ses parts a bien versé la totalité de sa part durant la souscription au capital.

Articles similaires