La responsabilité des dirigeants de l’entreprise au Maroc


Lorsqu’on est responsable d’entreprise, on n’a pas seulement droit à des avantages, mais on fait aussi face à de nombreuses responsabilités. Que ce soit au niveau civil ou pénal, le dirigeant d’entreprise doit répondre de ses actes s’il ses actions sont contraires à ce que dit la loi. En cas de fautes commises par le dirigeant, l’entreprise encourt des risques au niveau juridique, social et économique. Cet article vous détaille les responsabilités des dirigeants d’entreprises et ce que prévoit la loi dans chaque cas.

À quel moment parle-t-on de risque pour le dirigeant dans le domaine de la responsabilité civile ?

Le dirigeant d’entreprise a le devoir de mettre en œuvre une politique commerciale et financière qui permettra à l’organisation de ne pas faire de grosses pertes. Ainsi, en cas de faute de gestion, le dirigeant met en œuvre sa responsabilité civile. Parlant de gestion, le dirigeant a aussi l’obligation de se soumettre aux règles qui sont définies dans les statuts de la société. Il doit ainsi veiller à ce que tous les actes et décisions qu’il va prendre soient sous son pouvoir, conformément aux dispositions établies dans les statuts.

De même, si les conditions de travail ou les équipements de travail ne correspondent pas aux règles de sécurité en vigueur, s’il y a de fausses déclarations, une concurrence déloyale ou une discrimination ou encore une négligence dans le management, le dirigeant devra répondre de ses actes devant les tribunaux. Nous précisons toutefois qu’en matière de responsabilité des dirigeants, il faut au maximum se référer à la jurisprudence.

Qui est habilité à relever les fautes du dirigeant et à en demander la réparation ?

En entreprise, toutes les parties prenantes peuvent s’adresser au tribunal pour demander la réparation des fautes commises par un responsable d’entreprise. Ainsi, les associés de la société peuvent s’adresser au tribunal, ou encore les clients ou les salariés. Il faut tout de même que ce soit les personnes qui sont directement concernées par la faute du dirigeant.

Quelles responsabilités engager face aux actes du dirigeant ?

Il faut faire la différence entre la responsabilité civile du dirigeant et sa responsabilité pénale. On parle de responsabilité civile lorsque le dirigeant est appelé à réparer le dommage subi tout seul. Cela signifie que ce dernier a commis une faute que l’on peut séparer de ses fonctions au sein de l’entreprise. Dans de tels cas, la personne lésée doit engager une action en responsabilité à l’encontre du dirigeant afin que ce dernier paye les dommages et intérêts si l’action aboutit.

La responsabilité pénale intervient quand les fautes commises par le dirigeant engagent toute la société. La responsabilité pénale est engagée lorsqu’il y a distribution de dividendes fictifs, lorsque le dirigeant commet un abus de biens sociaux ou encore lorsque les comptes annuels n’ont pas été déposés au greffe ou encore l’existence de comptes infidèles.

Quelles sont les personnes à sanctionner par le Code pénal en cas de fautes commises ?

Les sanctions peuvent s’appliquer au gérant (dans le cas d’une SARL), aux membres du conseil d’administration et du président (dans le cas d’une SA), les membres des directoires ainsi que toutes les personnes qui ont un pouvoir d’engagement ou qui ont chargés de représenter la société.

Dans le cas d’une société anonyme à conseil d’administration, c’est le président du conseil d’administration qui est pénalement imposable ou encore les membres du conseil d’administration, les directeurs généraux extérieurs au conseil ou les responsables.

Dans le cas d’une société anonyme à directoire et à conseil de surveillance, la loi ne fait aucune distinction entre la fonction de gestion et celle de contrôle. Ainsi, les sanctions pénales vont s’appliquer à la fois aux membres du conseil de surveillance ainsi qu’aux membres du directoire. Toutefois, il faut s’en tenir à la jurisprudence pour savoir à qui revient la responsabilité engagée.

Dans le cas d’une SARL, c’est le dirigeant qui subit les sanctions sur le plan pénal selon la loi 5-96. L’idée de responsabilité limitée ne s’applique pas aux dirigeants, mais plutôt à l’apport financier des associés ou apporteurs d’affaires. Ainsi, en cas de fraude ou de mauvaise gestion, c’est le dirigeant qui endosse toutes les charges. La même règle va s’appliquer au dirigeant de la SARLAU, la SNC, ou la SCA.

Toutefois, si les statuts stipulent plusieurs gérants, ces derniers seront tous responsables de l’entreprise sur le plan pénal.

Cas particulier de la SNC (Société en nom collectif) et la SCA, (Société en Commandite par Actions)

Dans le cas de la SNC, le gérant non associé peut aussi être pénalement responsable au même titre que le gérant associé. S’il y a plusieurs gérants, chacun d’eux est responsable de manière individuelle.

En ce qui concerne la société en commandite par actions, l’article 32 de la loi 5-96 identifie les gérants comme ceux qui sont mentionnés dans les statuts tels que les fondateurs ou toute autre personne désignée pour établir des formalités de constitution.

Tous les gérants qui prendront place au cours de l’existence de la société et qui auront été désignés par l’assemblée générale peuvent aussi être responsables sur le plan pénal en cas de fautes. Toutefois, ces nouveaux gérants doivent recevoir l’accord des associés commandités.

En faisant cette distinction, la responsabilité pénale ne sera pas la même, selon que la personne est un gérant fondateur ou un gérant qui a été mis en place après la création de l’entreprise.

Quelques exemples de sanctions pénales

Si le dirigeant est sanctionné pour inobservation d’un texte de loi dans sa société, il peut être soumis à une amende qui est fixée par le tribunal. En cas de récidive, le dirigeant peut voir cette amende doublée selon le nombre des personnes qui sont touchées par sa faute. D’autres dispositions peuvent s’ajouter en fonction de la gravité de la faute commise par le dirigeant. De même, le Code pénal permet des poursuites judiciaires contre le dirigeant en cas d’accident ou de blessure causés par maladresse, imprudence, négligence d’une obligation de sécurité qui a été imposée au préalable par la loi. Cette poursuite judiciaire peut se suivre d’une peine d’emprisonnement.