Identifiant Commun de l’Entreprise (ICE) : ce qu’il faut savoir


Au Maroc, l’Identifiant Commun de l’Entreprise (ICE) a pris effet dès Janvier 2016. Cet identifiant a été mis en place pour aider les autorités gouvernementales à mieux gérer les entreprises en prenant des décisions à leurs avantages. À quoi sert l’ICE ? Comment se présente-t-il dans la pratique ? A qui s’adresse cette taxe ? Comment l’obtenir et quels sont les pénalités encourues pour une entreprise qui ne possède pas d’ICE ? Voici autant de sujets qui seront abordés tout au long de cet article.

Quel est l’avantage pour une entreprise d’avoir un numéro ICE ?

L’ICE est un identifiant qui permet aux autorités d’indexer les différentes entreprises avec un code unique. Attention à ne pas confondre cet identifiant avec les autres numéros d’identification de l’entreprise qui sont le numéro de registre de commerce, le numéro de la CNSS ou encore l’identifiant fiscal.

L’Identifiant Commun de l’Entreprise a été mis en vigueur pour faciliter la prise de décisions politiques en ce qui concerne les échanges économiques sur le territoire marocain. En effet, cet identifiant permet de partager les informations rapidement et aide à simplifier toutes les procédures administratives.

Le but des autorités en utilisant ce type d’identifiant est de réduire en quelques sortes les couts et de rendre plus fiables tous les services de partage d’informations au niveau de l’État. Avec ce système d’identifiant pour toutes les entreprises, les activités administratives se voient allégées et les opérations sont ainsi uniformisées. Cet identifiant peut être accordé uniquement par l’OMPIC, l’Office marocain de la propriété industrielle et commerciale, et la demande se fait sur différentes plateformes digitales.

Il faut à ce niveau préciser qu’une fois l’identifiant obtenu, l’entreprise a le devoir d’indiquer cet identifiant sur tous les documents institutionnels. Cet identifiant est aussi utilisé par les services informatiques lors des recensements ou du traitement des données qui concernent les entreprises.

Comment se présente l’ICE ?

L’ICE est un ensemble de 15 chiffres qui se succèdent et qui indiquent différentes parties importantes pour retrouver l’entreprise rapidement. Les 9 premiers chiffres sont indiqués pour désigner l’entreprise, les 4 chiffres qui suivent sont chargés d’indiquer les filiales auxquels l’entreprise est attachée et les 2 derniers chiffres qui suivent sont les caractères de contrôles utilisés par l’administration fiscale. Cet identifiant est efficace pour analyser les données de l’activité, toutefois, il ne remplace en aucun cas le numéro du registre du commerce ou les autres identifiants prescrits par l’autorité fiscale.

Qui est concerné par l’ICE et comment l’obtenir ?

L’ICE concerne tous types d’entreprises, que ce soit les personnes morales, les succursales ou encore les personnes physiques telles que les autoentrepreneurs.

La demande d’ICE pour les personnes morales en création se fait au niveau de l’OMPIC lorsqu’une entreprise fait sa demande de certificat négatif. Le certificat négatif est une demande de nom commercial que l’on fait lors de l’ouverture d’une entreprise. La validation du nom signifie qu’aucune autre entreprise n’a déjà choisi ce nom commercial. Ainsi, le certificat de validité est dit « négatif ». C’est à l’obtention de ce certificat que l’ICE est apposé. Toutefois, il se peut que certains certificats ne disposent pas d’ICE, et pour cela il faut faire une simple demande via le portail cité ci-dessous. Ce numéro unique n’a pas besoin d’être certifié par aucune autre signature ni aucun autre cachet.

Pour les entreprises qui existent déjà et qui n’ont pas d’ICE, elles peuvent faire une nouvelle demande via la plateforme digitale www.ice.gov.ma. Une fois sur le site, il convient de rentrer quelques informations à savoir : la taxe professionnelle, le numéro du registre de commerce, le numéro de la taxe professionnelle et l’identifiant fiscal. Pour les personnes physiques nouvellement créées, la Direction Général des Impôts octroie l’ICE directement sur le bulletin IF/TP.

Quelles pénalités encourent les entreprises qui n’ont pas d’ICE ?

Si une entreprise n’a pas d’Identifiant commun aux entreprises, elle peut être soumise à des pénalités en cas de contrôle fiscal. En effet, toutes les factures de l’entreprise doivent mentionner le numéro d’ICE. En cas d’absence, cela signifie que l’entreprise n’a pas de comptabilité transparente, et cela peut causer un rejet de toutes les déductions de charges par l’administration fiscale.

Toutefois, il faut préciser qu’une note explicative a été publiée par la DGI indiquant que les dispositions fiscales n’obligent plus les factures à avoir l’ICE du bénéficiaire de la prestation ou le simple acheteur. Avant cette note sortie en 2019, les vendeurs obligeaient les clients à donner leur ICE avant de procéder à toute opération. Toutefois, il faut savoir que cette obligation n’a plus lieu d’être que ce soit pour les prestations de services ou la vente de produits et biens.

En effet, la DGI n’exige plus au vendeur l’ICE des clients au niveau fiscal. Toutefois, cela ne signifie pas que le vendeur ne puisse pas l’exiger s’il le veut, sans toutefois l’imposer comme une loi qui provient des autorités. Toutefois, la DGI exige la mention de l’ICE pour les clients qui ont une activité professionnelle et qui doivent fournir des factures pour justifier tous leurs achats. Dans le cas où la présentation de facture n’est pas exigée, pas besoin de fournir au vendeur un numéro ICE.

Puisque la régularisation peut se faire rapidement, les entreprises ayant refusé de régulariser leur situation sont soumises à une amende de 100 dhs pour chaque incohérence relevée par l’autorité fiscale selon la loi de finances de 2018.

L’ICE est un numéro qui permet d’identifier rapidement l’entreprise, ce qui signifie que lorsqu’une entreprise n’a pas d’ICE, elle ne peut pas être identifiée. Ainsi, une entreprise qui ne s’est pas soumise à inscription est aussi soumise à une amende de 100dhs. Plus encore, le contribuable qui n’est pas en règle peut perdre le droit à déduction des impôts et taxes tels que la TVA ou l’IR et l’IS.

À ce sujet, il faut aussi préciser que l’ICE doit figurer sur les factures et il est aussi important de faire apparaitre l’identifiant du client à qui s’adresse la facture. Toutefois, cette dernière règle ne s’applique pas au contribuable dont le chiffre d’affaires ne dépasse pas 1 million de dirhams.